Le peuple Gê s’active à faire de la 363ème édition de la cérémonie de la prise de la pierre sacrée une réussite. C’est dans cet élan qu’un natif à travers une tribune demande au Prince Régent du trône de Glidji, Assafoatsè Foli-Bébé de prendre toutes ses responsabilités pour la réussite de cette édition. Lire l’intégralité de la tribune…
ÉPÉ-ÉKPÉ : LE 3 SEPTEMBRE, LE PRINCE-RÉGENT DOIT PRENDRE SES RESPONSABILITÉS
Mes bien-aimés frères Gè,
Le 3 septembre 2026, à Avé-Gbatso, il ne s’agira pas seulement de prendre la Pierre Sacrée. Il s’agira surtout de savoir si le Royaume de Glidji est encore capable de faire respecter ses traditions, son ordre coutumier et l’autorité de ceux qui en sont les gardiens.
Notre Majesté Asafo Atsè, Prince-Régent du Trône Royal de Glidji, sera placé devant ses responsabilités.
Deux questions majeures l’attendent.
La première : les sponsors d’ÉPÉ-ÉKPÉ
Yas et Moov ont exprimé leur étonnement face aux difficultés rencontrées à Glidji. Selon leurs propres témoignages, après avoir parcouru les différentes préfectures et villes du Togo, ils n’auraient jamais rencontré autant de difficultés pour accompagner une manifestation culturelle.
De Lomé à Cinkassé, de Tsévié à Vogan, de Notsé à Amlamé, d’Atakpamé à Sokodé, de Bassar à Kara, de Niamtougou à Dapaong, ils disent n’avoir jamais connu pareille situation.
Alors, où est le problème ?
Est-ce un problème de personnes ? Un conflit de compétences ? Une incompréhension ? Ou autre chose ?
Le 3 septembre, chacun pourra observer. Les sponsors seront là. Les autorités seront là. Les populations seront là. Que chacun exerce donc ses prérogatives dans le strict respect de la loi, de l’ordre public et des usages.
Et sur les lieux sacrés, une règle élémentaire doit prévaloir : ce qui relève du rituel traditionnel doit être laissé à ceux qui en ont la charge. Il leur revient de dire ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Pas à quelqu’un d’autre de s’arroger cette prérogative.
La deuxième question est plus sensible : qui conduira la cérémonie de la prise de la Pierre Sacrée ?
Majesté Asafo Atsè, il vous appartient désormais de prendre vos responsabilités.
Vous êtes le Prince-Régent. Vous incarnez la continuité du Trône. Vous ne pouvez pas rester spectateur lorsque les querelles menacent la bonne tenue d’ÉPÉ-ÉKPÉ.
Il faut donc que l’assemblée des Hounons se réunisse, délibère et désigne clairement celui qui conduira la cérémonie, notamment Hounon Mama Koley, si telle est la décision conforme aux règles et usages du Royaume.
C’est précisément maintenant que nous saurons ce qu’ont réellement signifié les cérémonies de SITUTU.
Nous avons parlé de pardon. Nous avons parlé de réconciliation. Nous avons parlé de contrition. Nous avons appelé au recueillement et à l’apaisement.
Alors, commençons par nous-mêmes.
Les gardiens des traditions doivent donner l’exemple. Les querelles personnelles doivent disparaître. Les exclusions doivent cesser. Les vieux réflexes doivent être abandonnés.
Le temps des salamalecs est terminé. Le temps des responsabilités est venu.
Majesté, soyez ferme. Soyez juste. Soyez au-dessus des personnes. Faites respecter l’ordre du Royaume sans humilier personne et sans favoriser personne.
Aux Hounons : préservez le caractère sacré de votre mission.
Aux autorités municipales : exercez vos compétences avec mesure et dans le respect des autres autorités et des traditions.
Au peuple Gè : demeurons calmes. Pas de provocation. Pas d’affrontement. Pas de désordre. Le civisme est aussi une manière de défendre sa culture.
Le 3 septembre, nous ne devons pas chercher un vainqueur et un vaincu.
Le véritable vainqueur doit être ÉPÉ-ÉKPÉ.
Le véritable vainqueur doit être le Royaume de Glidji.
Le véritable vainqueur doit être l’unité du peuple Gè.
Et si SITUTU devait ouvrir une nouvelle ère, alors que cette nouvelle ère commence à Avé-Gbatso par un geste simple : chacun rentre dans son rôle, chacun respecte l’autre, chacun respecte la tradition et chacun assume enfin ses responsabilités.
Le moment est venu. Majesté, à vous de jouer.
AYI A.
