L’arrestation de deux journalistes français au Togo et placés sous mandat de dépôt défraie la chronique depuis quelques jours. Le journaliste chroniqueur, Firmin Têko-Agbo a, à travers une réflexion fait deux observations que nous vous proposons de lire…
Gaël Mocaër, Sébastien Perez-Pezzani...
Encore 2 Français dans de beaux draps en Afrique!!!
Et si le passé sombre de l’un mettait tout le groupe en difficulté!
Ces Français ont des soucis avec la Justice Togolaise.. Ils sont placés sous mandat de dépôt depuis quelques jours au Togo. Ils sont accusés de fausse déclaration…
Des Français… Encore des Français !!!
Deux observations
Première observation
La nationalité fait réagir plus que les individus eux-mêmes..
Des Français arrêtés en Afrique, en Asie, en Amérique(Continent), c’est courant! Et dans la plupart des cas, ils sont mêlés à des affaires peu reluisantes… Espionnage, trafic de drogue, terrorisme… Et ils ont souvent des visas de touristes ou rentrent sur les sols Étrangers avec la qualité de Responsable d’organisation humanitaire, journalistes… La suite, souvent déplorable… Dans le Sahel, on a retrouvé certains Français dans le camp des terroristes… Certains assassinés comme touristes, d’autres capturés. Plusieurs ONG étrangères sont interdites dans les pays Sahéliens pour ces raisons sus-évoquées…

Pendant la Crise Lybienne en 2011, la DGSE, Service de Renseignements Français avait envoyé plusieurs de ses Agents en Lybie déguisés en Journalistes, Diplomates, Humanitaires et Conseillers.. Cette pratique est courante dans la politique internationale de l’hexagone..
En réalité, dans des situations un peu difficiles, la frontière entre journalistes, humanitaires et renseignements devient floue pour tous les pays..
Pour le cas Lybien, même si la DGSE a toujours cherché à éviter ce débat, force est de constater que ses Agents étaient bien en Lybie au début de la crise en février 2011 et ce pendant des mois mais en qualité de journalistes, humanitaires ou Diplomates..
C’est l’un des épisodes qui explique pourquoi aujourd’hui, dans plusieurs pays Africains et au Moyen-Orient, la méfiance vis-à-vis des ONG et journalistes français est très forte..
Deuxième observation : Que reproche-t-on au Togo?
Doit-on réellement reprocher quelque chose au Togo? Une chose est sûre !!! Personne ne connaît encore le fond du dossier de ces deux Français arrêtés au Togo… Les Ministres de la Sécurité et de la Justice du Togo parlent dans leur communiqué conjoint d’indices graves et concordants retenus à leur encontre en plus du Togolais, leur point focal ici au Togo..
Mais, si on fouillant un peu dans le passé…
Gaël Mocaër et Sébastien Perez-Pezzani sont rentrés au Togo comme des Touristes… Ils avaient leur zone d’activités bien définie par le document d’autorisation obtenu par un Togolais et signé du Ministre du Tourisme… Mais ce qui paraît plus étrange est qu’ils ont été aperçus dans la Préfecture de la Binah au Nord du Togo, ce qui ne figurait nullement sur la liste des localités autorisées par les Autorités togolaises..
Ont-ils délibérément choisi de violer la règle ou involontairement ? Ils ont eu à visiter plusieurs pays dans leur vie dans le cadre du tournage de leur fameuse émission « Les Routes de l’impossible »..
Est-ce de leur habitude de déroger toujours aux consignes de départ ?
En tout cas, le passé de Sébastien Perez Pezzani parle un peu. Il a été déjà impliqué dans une affaire de trafic de drogue.
En 2017, alors qu’il était à l’aéroport de Caracas au Venezuela pour un tournage du documentaire « Caméléon sur le Venezuela« , de la cocaïne a été retrouvée dans ses bagages… Il a été arrêté et inculpé pour trafic de drogue international. Il a passé une dizaine de jours en détention avec son équipe avant d’être libéré et rapatrié.
Ce passé de Perez-Pezzani lance déjà un discrédit non seulement sur sa propre personne mais aussi sur tout le groupe… Cela donne lieu à s’interroger sur leurs comportements sur le terrain. Que cherchaient-ils réellement dans cette zone qui ne figurait nullement sur leur fiche d’autorisation?
Cette situation renforcera davantage la méfiance affichée par les Africains vis-à-vis de ces touristes français.
On se rappelle comment les journalistes de RFI Claude Verlon et Ghilaine Dupont ont été sauvagement assassinés à Kidal au Mali le 2 Novembre 2013… Et jusqu’alors, aucune enquête n’a révélé les réelles motivations de leur assassinat et qui les avait tués.. ils venaient juste d’interviewer un chef terroriste et ils rentraient à Paris !
Firmin Têko-Agbo, Journaliste-Chroniqueur Politique
