Le Président de Colombe Boxing Club, Olympio Kossigan alias Napolès est l’un des anciens boxeurs professionnels togolais. Depuis sa terre de résidence au pays de Goethe, l’international togolais a accepté de se confier à notre rédaction après plusieurs années de silence. Promoteur et manager, Napolès n’a pas caché son regret après le refus de l’acte 2 de son projet « Renaissance des Champions » par l’actuelle fédération togolaise de boxe. Il lance ensuite un appel au ministère des sports et l’exhorte à se saisir du dossier de la FETOBOXE pour un avenir meilleur du noble art. Bonne lecture !
Relance Info : Bonjour Président.
Présentez-vous à nos lecteurs !
Olympio Kossigan : Bonjour cher ami journaliste. Je suis Olympio Kossigan alias Napolès. Je suis l’un des anciens boxeurs togolais. Ancien boxeur professionnel, j’étais plusieurs années l’un des anciens amateurs de l’équipe nationale togolaise de Boxe. J’ai représenté le Togo dans plusieurs pays africains et européen avant de devenir un professionnel. J’ai fait le chemin avec Balogun Jaffa et Abdjul Amidou (tous professionnels) en Afrique du Sud avant d’atterrir aux États-Unis. À la suite de nos divers combats, nous sommes rentrés en Afrique pour poser nos valises en Afrique du Sud et au Kenya. Je suis reparti de mon côté pour poursuivre ma carrière de boxeur professionnel en Corée du Sud et au Japon avant de quitter pour rester en Allemagne où je réside actuellement après ma carrière. Je suis actuellement le président de Colombe Boxing Club, Promoteur et Manager de la boxe professionnelle.
Relance Info : Parlez-nous un peu de Colombe Boxing Club ?
Olympio Kossigan : Colombe Boxing Club est un club de boxe affilié à la fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) comme tous les autres clubs officiellement reconnus. Notre centre qui abrite la salle de boxe a été inauguré en présence d’une délégation du ministère chargé des sports par l’ancien président de la fédération Monsieur Amouzou. Ce centre a été équipé de tous les équipements dont auront besoin les pugilistes amateurs comme professionnels y compris le ring contre zéro franc pour les entraînements. Juste pour apporter un plus au développement du noble art au Togo. C’est notre centre qui avait été mis à la disposition de l’équipe nationale togolaise pour les préparatifs des jeux africains à Accra au Ghana.

Relance Info : Depuis un moment, on ne se sent pas trop votre engagement pour l’avenir de la boxe. Qu’est-ce qui se passe ?
Olympio Kossigan : Rires… Je vous vois venir. Ce n’est pas un désengagement ni recul mais c’est la mauvaise foi de ceux qui ont envahi la fédération togolaise de boxe actuellement qui nous font penser à comment faire pour mieux sauter. J’étais rentré pour organiser l’édition 2 de notre projet « Renaissance des Champions » en 2024 mais les choses ne se sont pas bien passées. J’ai dû repartir après avoir jeté de l’argent par la fenêtre. Qui peut se réjouir de cette situation ?
Relance Info : Qu’est qui n’avait pas marché et vous êtes repartis sans avoir organisé ce combat tant attendu après les publicités par ici et là ?

Olympio Kossigan : Humm… Au cours de l’organisation de la deuxième édition du projet « Renaissance des Champions« , nous étions en contact avec la fédération togolaise de boxe à travers son président, Dr Kpakpo qui nous a donné le « Ok » de même que le président de la commission de la boxe professionnelle le sieur Amouzou avec qui nous avons travaillé d’arrache-pied pour la bonne organisation. Nous avons engagé des dépenses pour payer le lieu qui devrait abriter le combat ainsi que les différents prestataires mais malheureusement, nous avons été contactés par le Directeur technique national (DTN) en la personne de monsieur Adoté, nous demandant si nous sommes au courant que l’organisation n’est pas à jour pour la tenue de notre événement ? Étonné, j’ai appelé le sieur Amouzou avec qui nous sommes rentrés rapidement en contact du DTN qui nous a soumis un cahier de charge. Il nous a été imposé de 500.000 Francs liés aux frais d’organisation et 300 dollars pour l’arbitre et les juges selon le tableau ci-joint.


Normalement, c’est lorsqu’on organise un championnat intercontinental ou continental qu’on impose une somme en dollar différents de l’argent que le pays utilise. Cela peut être en dollars ou en Euro. Suite à cette demande, j’ai expliqué au directeur technique national que nous n’avons pas de sponsors et l’entrée est gratuite, juste pour redynamiser la boxe et drainer vers nous de jeunes talents capables de défendre les couleurs nationales car tous ceux qui vont compétir seront pris en charge. Il nous a dit « non ». Pendant ce temps, j’ai amené avec moi un boxeur français qui devait aussi prendre part à la compétition. Il était déjà hébergé et pris en charge. C’est ainsi que malgré nos discussions, le combat fut annulé la veille. Ce qui est étonnant, un autre promoteur nous informe depuis le Ghana que le combat qui devait se tenir à Lomé ne peut pas avoir lieu parce qu’il est délocalisé pour se tenir à « Aflao » au Ghana et que les pugilistes qui devaient arriver de là ne peuvent pas faire le déplacement.
Relance Info : Quelles sont les démarches entreprises en tant que président de club pour redonner espoir aux jeunes après ce désagrément ?
Olympio Kossigan : Quelles démarches vais-je faire à nouveau si nous savons tous que les membres de la fédération togolaise ne veulent pas associer les vrais acteurs que nous sommes pour donner un espoir de renaissance aux jeunes pugilistes. C’est ça le vrai problème. Nous ne pouvons pas affirmer aujourd’hui que la boxe togolaise se porte bien. Elle est malade de ses dirigeants. Peut-être même qu’elle est décédée et on nous cache le cimetière dans lequel elle a été enterrée. Je vais vous faire cette confidence. J’ai payé le billet aller retour pour venir assister moi-même au congrès à Atakpamé pour porter mon choix sur l’actuel Président de la fédération grâce à son projet et à sa vision. Dommage que l’homme change avec le temps. Aujourd’hui, ils s’en vont organiser des compétitions clandestinement en envoyant des petits à l’abattoir. Je ne veux pas aller loin.
Relance Info : Un mot à l’endroit des dirigeants.
Olympio Kossigan : Nous interpellons le ministère des sports à se saisir du dossier pour redonner un nouvel élan à cette discipline sportive chère à nous. Aujourd’hui le Togo n’a pas d’équipe nationale. Quel boxeur peut-on nous montrer aujourd’hui avec une expérience et capable d’aller représenter le Togo à l’échelle internationale comme se fut notre cas? Il est vraiment urgent que la fédération fasse marche arrière afin qu’on puisse travailler main dans la main. Entre-temps, elle a suspendu des clubs y compris le nôtre et nous lui avons adressé une lettre d’explication sans suite. C’est ça le vivre-ensemble tant prôner ? Demain n’est pas loin.
Relance Info : Je vous remercie.
Olympio Kossigan : À moi de vous dire merci pour la disponibilité. Je souhaite plein succès à votre journal.
Interview réalisée par Maurice AGBOSSOU-GOUDABLA (9030-0422)
