Secouée depuis quelques semaines par une rumeur de disparition de sexe, la ville d’Atakpamé a été au centre des captures diffusées de bouche à oreille et amplifiée sur les réseaux sociaux pour semer la panique au sein des populations.
Saisi, le tribunal d’Atakpamé a prouvé qu’une rumeur ne résiste pas à l’épreuve des faits et de la justice. Un jeune homme a déposé une plainte contre trois agents de connexion qu’il accuse d’avoir provoqué la disparition de son sexe le 20 juillet dernier. Huit jours plus tard, un autre plaignant formule les mêmes accusations mais cette fois à l’encontre d’un chauffeur peu avant une troisième personne le 29 juillet. C’est le tour d’un conducteur de taxi-moto qui se présentait à son tour comme victime du même phénomène.
Sous une pression populaire, les personnes accusées se sentent menacés et saisissent la justice. Très rapidement, le tribunal d’Atakpamé instruit ces trois affaires et confronte les parties. Malheureusement, les plaignants ont finis par reconnaître l’inanité totale de leurs déclarations.
Confus devant les faits accomplis et conscient de l’ampleur de la situation, l’un a déclaré à la barre : « J’avais porté une fausse accusation de diminution de mon sexe. Je présente mes excuses au tribunal et à tout le monde ».
Comme dans une salle de classe où les élèves doivent passer à l’oral, le second ajoute : « Je reconnais que mon sexe est bien là. Ce que je disais était faux. J’ai accusé mon beau-frère à tort. Ce n’est pas la réalité ».
Ces déclarations, faut-il le rappeler font suite aux examens médicaux qui n’ont révélé aucune anomalie chez les plaignants.
Le président du tribunal, Koffi Balouki a rapidement tranché.
Les trois plaignants ont été reconnus coupables de dénonciation calomnieuse, pour avoir accusé à tort des innocents; exposition d’autrui à un risque, en mettant sciemment en danger la vie et l’intégrité des personnes visées, violences volontaires, pour avoir participé à des attroupements hostiles.
Ils ont été condamnés chacun à 12 mois d’emprisonnement dont 11 avec sursis.
À travers cette condamnation, le jugement d’Atakpamé rappelle encore une fois que seule la justice est habilitée à établir les faits.
C’est le lieu de rappeler à la population togolais et surtout à ceux qui s’adonnent à cette mauvaise pratique qu’ils s’exposent devant la rigueur de la loi.
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