Aujourd’hui, l’Église célèbre la grande fête de la Pentecôte. Cinquante jours après Pâques, l’Esprit Saint descend sur les apôtres réunis avec la Vierge Marie au Cénacle.

La prière d’ouverture de cette messe demande à Dieu de répandre les dons de l’Esprit, de sorte que les hommes en proie aux divisions soient rassemblés pour que chacun dans sa langue puisse rendre gloire à Dieu. Cette fête n’est donc pas seulement le souvenir d’un événement passé : elle est une grâce actuelle. L’Esprit Saint veut encore agir aujourd’hui dans nos vies, renouveler nos cœurs et fortifier l’Église dans sa mission.

Dans l’Évangile, les disciples sont enfermés dans la peur. Après la mort de Jésus, ils sont découragés, paralysés et incapables de sortir annoncer la Bonne Nouvelle. Pourtant, Jésus ressuscité vient au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » Puis il souffle sur eux et leur donne l’Esprit Saint. Ce souffle rappelle celui de Dieu au commencement du monde lorsqu’il donna la vie à Adam. Désormais, Jésus donne une vie nouvelle à son Église. Grâce à l’Esprit Saint, les disciples deviennent des hommes nouveaux.

La première lecture montre immédiatement les effets de cette transformation. Les apôtres qui étaient cachés sortent désormais avec courage pour annoncer les merveilles de Dieu. Pierre, qui avait renié Jésus par peur, proclame maintenant publiquement sa foi. Voilà le premier grand enseignement de la Pentecôte : l’Esprit Saint chasse la peur et donne le courage de la mission. L’Esprit libère les croyants de la peur du regard des autres, de la peur de souffrir, de la peur de témoigner et même de la peur de donner leur vie pour le Christ.

Aujourd’hui encore, beaucoup de chrétiens vivent enfermés dans leurs peurs. Certains ont peur d’assumer leur foi au travail, à l’école ou dans leur famille. D’autres ont peur de répondre à l’appel de Dieu, peur de servir dans l’Église ou peur de défendre la vérité. Pourtant, la Pentecôte nous rappelle qu’un chrétien ne peut pas rester enfermé. Celui qui reçoit l’Esprit Saint devient missionnaire. L’Esprit transforme les timides en témoins, les faibles en serviteurs courageux et les cœurs découragés en cœurs brûlants d’amour pour Dieu.

Le deuxième enseignement de cette fête concerne l’unité. Dans les Actes des Apôtres, des personnes venues de nombreuses nations entendent les disciples parler chacune dans sa propre langue. Malgré les différences de cultures et d’origines, tous comprennent le même message. La Pentecôte apparaît ainsi comme l’inverse de Babel. À Babel, l’orgueil avaitprovoqué la confusion et la division ; à la Pentecôte, l’Esprit Saint rassemble les peuples et recrée l’unité. Saint Paul développe cette vérité dans la deuxième lecture lorsqu’il affirme que tous ont été baptisés dans un seul Esprit pour former un seul corps. L’Église est donc unie non parce que tous sont identiques, mais parce que tous vivent du même Esprit. Comme dans un corps où chaque membre a sa fonction, chaque chrétien a sa place dans l’Église. Les différences ne doivent pas devenir des motifs de rivalité ou de jalousie, mais des richesses mises au service de tous.

Malheureusement, les divisions existent souvent dans les familles, les communautés chrétiennes et même dans les paroisses. Les conflits, les critiques, les clans et les rivalités blessent profondément l’Église. Quand l’Esprit Saint n’est plus accueilli, chacun cherche sa propre gloire. Mais lorsque l’Esprit agit réellement dans une communauté, il produit la fraternité, le pardon, l’humilité et la communion. Une famille remplie de l’Esprit devient plus unie ; une paroisse remplie de l’Esprit devient plus fraternelle ; une Église remplie de l’Esprit devient signe de paix pour le monde.

Enfin, la Pentecôte nous rappelle que chaque chrétien reçoit des charismes particuliers. Saint Paul affirme que les dons sont variés, mais que c’est le même Esprit qui agit en tous. L’Esprit Saint distribue à chacun des dons spécifiques pour le bien commun : à l’un le don de l’enseignement, à l’autre celui du service, à l’autre encore la prière, le chant, l’écoute, la consolation ou l’organisation. Personne n’est inutile dans l’Église. Cependant, beaucoup de personnes enterrent les dons reçus de Dieu par peur, par paresse ou par manque de confiance. Certains pensent qu’ils ne servent à rien ou qu’ils n’ont aucun talent. Pourtant, Dieu ne donne jamais son Esprit sans donner aussi une mission. Chaque baptisé possède une grâce particulière destinée à construire l’Église et à servir les autres. Les charismes ne sont pas donnés pour se mettre en avant, mais pour bâtir le Corps du Christ dans l’amour et l’humilité.

Que la Vierge Marie, présente au Cénacle avec les apôtres, nous apprenne à accueillir pleinement l’Esprit Saint dans nos vies.

Abbé Paul HOUNDEKE, Vicaire à la Paroisse Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face de Tchaourou, Archidiocèse de Parakou au Bénin

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